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Briser la stigmatisation

Santé mentale au travail : faut-il en parler à son employeur ?

Dépression, anxiété, burn-out, trouble bipolaire : faut-il en parler au travail, à qui, et comment ? Les avantages, les risques, et les conseils pour décider.

Vous souffrez d’anxiété, de dépression, vous sortez d’un burn-out ou vous vivez avec un trouble bipolaire. Faut-il en parler à votre responsable ? À vos collègues ? Garder le secret ? Il n’y a pas de bonne réponse universelle. Voici quelques repères pour vous aider à décider.

Un choix personnel

Vous n’avez aucune obligation de révéler un diagnostic à votre employeur. Votre santé relève de votre vie privée. En cas d’arrêt de travail, le certificat médical n’a pas à mentionner la nature de la maladie pour l’employeur.

Les avantages possibles à en parler

  • Obtenir des aménagements : horaires adaptés, reprise progressive, télétravail, réduction temporaire de la charge.
  • Être compris·e en cas d’absences, de baisse de performance ou de changements de comportement.
  • Ne plus avoir à cacher : le secret est épuisant.
  • Contribuer à changer le regard sur la santé mentale dans l’entreprise.

L’OMS et l’OIT recommandent aux employeurs de proposer des aménagements raisonnables aux travailleurs vivant avec des troubles mentaux, et de former les managers.

Les risques à évaluer

Malheureusement, la stigmatisation existe aussi au travail :

  • préjugés de la part du responsable ou des collègues ;
  • mise à l’écart, perte de responsabilités ;
  • rumeurs ;
  • dans certains cas, discrimination.

Comment décider

Posez-vous ces questions :

  • Quel est le climat dans mon entreprise ? La santé mentale y est-elle abordée ouvertement ? Y a-t-il des politiques de bien-être ?
  • Ai-je confiance en mon responsable ?
  • Ai-je besoin d’aménagements concrets ?
  • Qu’est-ce que je souhaite partager, et avec qui ?

À qui en parler ?

Le médecin du travail

C’est souvent le meilleur premier interlocuteur. Il est soumis au secret médical : il ne transmet pas votre diagnostic à l’employeur, mais peut recommander des aménagements de poste.

Les ressources humaines

Si l’entreprise a une politique claire, les RH peuvent aider à mettre en place des aménagements.

Le responsable direct

Si vous avez une relation de confiance, il peut être votre meilleur allié au quotidien.

Un collègue de confiance

Avoir une personne au courant peut être un soutien.

Comment en parler

  • Choisissez le moment : une discussion privée, au calme.
  • Décidez du niveau de détail : vous pouvez dire « J’ai un problème de santé qui me fatigue en ce moment » sans nommer de diagnostic.
  • Concentrez-vous sur les besoins : « Ce qui m’aiderait, c’est… »
  • Préparez-vous aux questions, et sachez que vous pouvez refuser d’y répondre.

Au retour d’un arrêt

Une reprise progressive, des points réguliers avec son responsable et le médecin du travail facilitent le retour (le burn-out et la reprise).

Si vous êtes témoin

Si un collègue se confie à vous, écoutez-le sans juger, respectez sa confidentialité et encouragez-le à se faire aider. Voir aussi stress au travail : préserver sa santé.

Sources

  1. OMS — Santé mentale au travail
  2. OMS/OIT — Appel à des mesures pour la santé mentale au travail (2022)

Avertissement : cet article est rédigé à titre informatif et ne remplace pas une consultation. Si vous êtes en détresse, appelez le 15 ou le 141, ou consultez nos ressources d'urgence.